Les Groseilles – Chapitre 8 : les jeux de hasard
Dans le cadre d’une opération de financement de projets pédagogiques, je me suis vu participer à un LOTO. De bonnes âmes avaient éclairé mon chemin vers le Golgotha des probabilité et du bon goût : “Prépare-toi ! La faune des loto vient d’un autre monde, tu vas découvrir l’enfer du jeu !”. Au vu du visage hilare des-dites “bonnes âmes”, je savais que “Hostel” allait être une bluette pour midinettes en pleine turbulences hormonales.
Ouverture des portes à 17h, début du tirage à 19h, arrivée à de notre équipe de croupiers du pauvre à 15h45 et… certains joueurs étaient déjà présents. L’aristocratie du casino low-coast, la crème des revenus secondaires, la fine fleur des copains de Pôle (Emploi)… Et, non, je ne suis pas un salopard snob (quoique…) ; être disponible à 15h45 un vendredi après-midi me laisse supposer certaines choses (tout comme l’état de la dentition de certains stratèges du super-bingo et une garde-robe des plus fashion dans un éco-musée de l’Albanie communiste).
On m’explique mon rôle de vendeur de grilles : mémorisation des tarifs, techniques anti-fraudes, tenue du crayon. Prêt. MENSONGES ! J’aurais dû me douter de quelque chose…
J’observais mi-amusé, mi-effrayé les morts-vivants de Roméro derrière les portes vitrées… A 17h, nous ouvrîmes les portes avant qu’ils les défoncent et ne me mangent l’encéphale.
Les portes de l’Enfer s’ouvrirent : trop cher, pas les numéros fétiches, pas la bonne couleur, des cartons gratuits ?… Ils faisaient reculer la table me repoussant lentement mais sûrement vers le mur, plus aucune chance de s’échapper … 2 heures de combat rapprochés… J’ai vu plusieurs fois une lueur au bout d’un sombre tunnel mais je supputais que John Malkovitch n’allait pas m’accueillir tout de blanc vêtu…
Ce ne fût qu’un début, le tirage commença : 350 personnes dans un silence quasiment absolu, des dizaines de tables couvertes de cartons, enluminés de jetons magnétiques (ramassables à l’aide d’une baguette aimantée !!!).
C’est alors que je découvris aussi les rituels de ce sabbat dément : des fétiches de tout type (petite peluche, sainte vierge et même un petit phallus…), des joueurs ayant un sifflet pour ne pas à avoir à crier lorsqu’ils ont une ligne ou une grille pleine, les cris divers et variés lorsque que le “69″ est tiré (ce jour-là c’était “Bon appétit, Jean-Marc !” accompagné du mugissement si raffiné d’une corne de brume).
Vers minuit trente, les junkies de la probabilité ayant quitté les lieux, nous fîmes les comptes : impressionnant ! Je comprends mieux les dealers à présent… et la Française des Jeux aussi.







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