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Archive de la Catégorie ‘Les Groseilles, chaînon manquant entre le Français et le Grolandais ?’

Les Groseilles – Chapitre 8 : les jeux de hasard

Dans le cadre d’une opération de financement de projets pédagogiques, je me suis vu participer à un LOTO. De bonnes âmes avaient éclairé mon chemin vers le Golgotha des probabilité et du bon goût : “Prépare-toi ! La faune des loto vient d’un autre monde, tu vas découvrir l’enfer du jeu !”. Au vu du visage hilare des-dites “bonnes âmes”, je savais que “Hostel” allait être une bluette pour midinettes en pleine turbulences hormonales.

Ouverture des portes à 17h, début du tirage à 19h, arrivée à de notre équipe de croupiers du pauvre à 15h45 et… certains joueurs étaient déjà présents. L’aristocratie du casino low-coast, la crème des revenus secondaires, la fine fleur des copains de Pôle (Emploi)… Et, non, je ne suis pas un salopard snob (quoique…) ; être disponible à 15h45 un vendredi après-midi me laisse supposer certaines choses (tout comme l’état de la dentition de certains stratèges du super-bingo et une garde-robe des plus fashion dans un éco-musée de l’Albanie communiste).

On m’explique mon rôle de vendeur de grilles : mémorisation des tarifs, techniques anti-fraudes, tenue du crayon. Prêt. MENSONGES ! J’aurais dû me douter de quelque chose…
J’observais mi-amusé, mi-effrayé les morts-vivants de Roméro derrière les portes vitrées… A 17h, nous ouvrîmes les portes avant qu’ils les défoncent et ne me mangent l’encéphale.
Les portes de l’Enfer s’ouvrirent : trop cher, pas les numéros fétiches, pas la bonne couleur, des cartons gratuits ?… Ils faisaient reculer la table me repoussant lentement mais sûrement vers le mur, plus aucune chance de s’échapper … 2 heures de combat rapprochés… J’ai vu plusieurs fois une lueur au bout d’un sombre tunnel mais je supputais que John Malkovitch n’allait pas m’accueillir tout de blanc vêtu…

Ce ne fût qu’un début, le tirage commença : 350 personnes dans un silence quasiment absolu, des dizaines de tables couvertes de cartons, enluminés de jetons magnétiques (ramassables à l’aide d’une baguette aimantée !!!).
C’est alors que je découvris aussi les rituels de ce sabbat dément : des fétiches de tout type (petite peluche, sainte vierge et même un petit phallus…), des joueurs ayant un sifflet pour ne pas à avoir à crier lorsqu’ils ont une ligne ou une grille pleine, les cris divers et variés lorsque que le “69″ est tiré (ce jour-là c’était “Bon appétit, Jean-Marc !” accompagné du mugissement si raffiné d’une corne de brume).

Vers minuit trente, les junkies de la probabilité ayant quitté les lieux, nous fîmes les comptes : impressionnant ! Je comprends mieux les dealers à présent… et la Française des Jeux aussi.

Les Groseilles, une étude scientifique.

J’ai fait une adaptation des textes sur les Groseilles dans Desencyclopédie. N’hésitez pas à aller la lire (et donner votre avis… Je me suis fait lapider… J’suis pas drôle y paraît… Un truc à sombrer dans l’alcoolisme le moins mondain …).
Si vous voulez l’intégralité, lisez le PDF de l’intégralité des textes (cliquez là !).

Chapitre 6 (suite) : Ma bite et mon couteau 2, une philosophie de vie couillue ou un fléau divin ?

septembre 22, 2006 Commentaires désactivés

Ma bite et mon couteau 2, une philosophie de vie couillue ou un fléau divin ?

J’en reviens donc à mon légionnaire à la retraite. Son penchant pour l’ « eau de feu » associé à son dressage guerrier furent vite gênant pour le commun des mortels : une fois convenablement chargé à la bière [2], se mit en devoir de reprendre le malotru ; erreur fatale… Vif comme la turista, il sortit son couteau et trancha l’oreille du fraîchement enchaîné. Notre chevrier patriotique s’y connaît pour mettre l’ambiance lors des réunions festives ! Allez comprendre pourquoi le juge n’apprécia pas son sens de la fête… Un putain d’pédé d’civil sans doute…

L’âge aidant un problème ophtalmique vint améliorer l’ordre public : doté de lunettes aux verres aussi épais que ceux d’un cockpit de bathyscaphe, il devint alors facile à son épouse lorsque l’éthylisme de son besogneur était à son comble de le désamorcer d’un simple geste en lui confisquant lesdites lunettes. Difficile alors de massacrer le quidam au risque de donner un coup de boules sur un pilier ou dans un mur, adversaires bien plus résistants que le cartilage nasal de « l’enculé qui m’regarde eud’travers ! ». Les fêtes de village furent bien plus calmes et le comité des fêtes sacrifia trois taureaux noirs à Chutlhu. Mais on ne présage jamais assez des ravages du progrès : il se fit opérer au laser, il y a trois ou quatre ans. Depuis, il se tape, de temps à autres, une petite rixe en amateur dans les bars du coin et les fêtes communales là où sa mobylette bleue le porte… souvent miraculeusement, il faut bien l’avouer… Mais lorsqu’il joue à domicile, il est aussi très fort : à chaque fête de la légion, il sort les palettes pour le feu de camp, met la musique et défile en uniforme en gueulant des chants guerriers. Les voisins passent la nuit à la cave s’attendant d’un instant à l’autre à voir leur pavillon prit d’assaut. D’ailleurs, il n’y a pas très longtemps, cause de sa dernière condamnation il me semble, il a neutralisé le chien des voisins au couteau. Faut pas pisser sur les roues de sa mobylette…

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, lors de son retour il amena avec lui un frère d’arme (le genre d’homme à ne pas vous laissez tomber dans votre vomi un soir de cuite) ; un allemand qui épousa une fille du village et lui fit des enfants en nombre dont le dernier fût conçu, il y a quelques années à la limite de la ménopause et de la fin des allocations… Je n’invente rien, c’est la génitrice qui l’a dit… Donc cet ancien légionnaire garda au fond de son être les habitudes du « fou de guerre » qu’il était et pour garder la forme, il n’hésite pas à faire le commando en amateur : un soir d’été, ma jeune sœur (celle que l’on a prostitué pour payer mes études) était avec quelques amis dans les rues de notre riant village, discutant de tout et de rien autour d’un pack de bière (être jeune dans un village du Nord, ce n’est pas facile…) quand tout à coup, ils aperçurent dans les fourrées dominant leur groupe, une silhouette ; c’était notre Rambo aux petits pieds en tenu camouflage et maquillage idoine.

Entre celui se croyant en mission d’infiltration derrière les lignes ennemies et l’autre, collectionneur de cartilage auriculaire, le monde rural nordiste peut ressembler à la Bosnie-Herzégovine livrée aux milices serbes.


[1] ou tout autre liquide ataviquement hostile au foie

[2] Je l’imagine gueuler comme un prisonnier que l’on interroge : « J’adore l’odeur de la bière vomie au petit matin ! »

Chapitre 7, scènes d’été : barbecue et gang-bang ou le martyre de la poupée Catherine.

juin 20, 2006 Commentaires désactivés

En ce dimanche caniculaire du mois de juin, c’était BBQ-party chez les Labulle. On recevait pour l’anniversaire de la petite E. (deux ans) qui allait être submergée de cadeaux dont le montant total équivaut au salaire moyen annuel d’un ouvrier chinois ; ouvrier ayant peut-être fabriqué ces présents dans des conditions de travail à peine meilleurs que celle des futurs camps de rééducation militaire Royaux [2]. Et ça, c’était une regrettable erreur ; car trois individus chargés à la « 33 export » tiède, le corps mis en feu par le brasier, le soleil et une série de fantasmes frelatés allaient bientôt saloper la bucolique [4] autour du couple contre nature, tout en se caressant le bas ventre. Regardez, c’est atroce… poupee_1 poupee_2 poupee_3

Plus tard dans la journée, Didier, chargé comme un alambique, proposa à son acolyte de faire découvrir les joie du méchoui à la petite Catherine. Là encore les règles de la bienséances en prirent un sérieux coup, regardez : poupee_4

Les pervers se livrèrent évidemment avec la plus grande discrétion à ses immondices, évitant les patrouilles de leurs épouses se doutant que quelque chose se tramait à la seule vue de leurs trognes goguenardes.

Je vous le demande : où va-t-on si les Groseilles vont engrosser les jouets de nos enfants ? Barbie va-t-elle être rebaptisée en Jenifer et autre Kelly et Ken rouler en mobylette bleue les sacoches chargées de Pissbraün ? Que fait la justice ? Et l’Eglise ?


[1] Une question me turlupine : si Ségolène chasse sur les terres de Nicolas et que ce dernier braconne chez Jean-Marie, qui est à gauche ? Fabius ?!

[2] mieux que Régine, en tout cas

[3] Nous sommes à la campagne

[4] tourner comme un derviche autour des acteurs

Chapitre 6 – Etude de cas : Tiens ! Voilà du boudin ! ou “Ma bite et mon couteau”, une philosophie ou un humanisme ?

mai 19, 2006 Commentaires désactivés

La concomitance de la réintroduction d’ours slovènes dans les Pyrénées et de la fête de la légion étrangère commémorant [2] et il est très à cheval sur les principes, une femme ça se fait violer durant les beaux jours de conflit ou, lors des temps funestes de la paix, ça se fout devant son évier ou sous son mari mais, surtout, ça ferme sa gueule !

A propos de femme sachez que notre ex-tueur légal a fait des enfants à sa femme jusqu’à avoir une fille… ce qui nous fait environ 8 enfants à la maison dont un couple gémellaire, Dave et Jimmy (je ne l’invente pas), pouvant concourir pour la place du 0.9 des 1.9 enfants du taux de fécondité français [4], une douce lueur, révéla aux familles réunies en cet instant de fête patriotique, notre reproducteur en train de finir de besogner sa légitime au fond du terrain de foot. Il voulait une fille, il y mettait les moyens…

Dans la prochaine partie, je vous expliquerai en quoi une opération des yeux de notre sujet trouble la tranquillité communale, comment il a ramené un copain légionnaire et pourquoi la fête de la légion est tant redoutée par le voisinage…


[1] Concomitance… commémorant… Je viens d’adhérer à « Echangisme et Scrabble » dans le double objectif d’améliorer mon vocabulaire le plus lubrique et de satisfaire mes fantasmes (ou phantasme ?) les plus lettrés.

[2] Nous sommes dans le Nord…

[3] 1.9 enfants par femme, taux officiel 2005. C’est une maison sérieuse ici, Monsieur, on vérifie ses sources.

[4] Sur un fond de JM Jarre…et oui…

Chapitre 5 – Etude de cas : Caravaning, a groseille way of life.

avril 20, 2006 Commentaires désactivés

P. est un apprenti, je lui dispense mes connaissances dans le cadre de ma cent cinquantième réincarnation, juste conséquence de ma cent quarante neuvième vie où je fus John L. Smith, tueur en série de naines bisexuelles hydrocéphales [2]

Autant de bêtise dans un si petit corps, cela ne pouvait que dégénérer : depuis l’année dernière (il avait alors 16 ans), il est père d’une petite fille. Lui et sa mère ont du manquer les cours de Biologie de 3ème sur la reproduction humaine… enfin, lui c’est sûr, il est passé de la quatrième (où il était résident permanent) au CAP par apprentissage… On aurait pu penser que la responsabilité paternelle, le poids d’une petite vie entre ses mains ou tout autre poncif sur la paternité lui aurait mis du plomb dans la tête autrement que par le biais d’un fusil de chasse ; solution ayant la vertu de diminuer l’indice d’abrutis au mètre carré (dit “indice de la connerie ambiante”) mais l’inconvénient de rendre la petite orpheline (mais après tout… vu le père que la malchance lui a donné…).

Mais attention, l’avenir il y a pensé, mon champion ! Son maître de stage [4] : il économisait pour acheter un petit utilitaire du type “J9″ (sans doute l’hérédité) afin de ramasser la ferraille lors du ramassage des “encombrants” des communes de la région. Et à la remarque sur la manière dont il comptait loger sa famille, Champion a sorti le plan B, mis au point avec la mère (ce qui me fait émettre les plus grandes réserves sur son QI) : ils achèteront une caravane que le “J9″ tractera.

Il est pas fortiche, mon champion !


[1] ceci expliquant sans doute mon faible nombre de victimes et les moqueries des autres lors des réunions du “serial killer social club”…

[2] Faisons là une petite digression au sujet de l’apprentissage, nouvelle panacée sociale et scolaire du gouvernement. L’apprentissage est une manière formidable d’apprendre un métier… si l’on y met des gens motivés. Parce que dans de nombreux cas, l’apprentissage n’est juste qu’un squat pour jeunes en difficultés (ce qui pose, plus largement, la question de l’enseignement technique devenu voie de garage par le dogme imbécile disant qu’apprendre un métier n’est bon que pour ceux ayant des difficultés scolaires… Essayez de dire au professeur principal d’un jeune ayant 15 de moyenne en troisième que ce dernier souhaite faire un BEP menuiserie….). Nous l’avons vécu avec la classe de P. : un licenciement (lui, c’était un semi-psychopathe et je n’exagère pas) et une grande partie des maîtres d’apprentissage ne ne voulant plus entendre parler de contrat d’apprentissage, traînant pendant deux ans, un employé qui, dans le meilleur des cas, est juste inutile à l’entreprise. Ne croyez pas que je suis un nervi du MEDEF écrivant en sous-main un blog subtil et plaisant (si, si… lisez toutes les archives, vous verrez) ; je suis de gauche mais la connerie a des limites ! Demandez aux CFA leurs taux de turn-over au sein des formateurs, vous verrez que c’est plus violent que chez MAC DONALD’S : un apprenti n’a pratiquement que des droits et pas de devoirs. Il ne fournit aucun travail dans une formation que lui paie (à juste titre) la collectivité et son employeur (et les impôts de Florent Pagny), il insulte ses formateurs et transforme les cours en Beyrout au début des 80′s … tout cela est possible. Le pouvoir de sanction n’appartient qu’à l’employeur et si celui-ci ne joue pas le jeu, c’est de l’argent public de perdu. Il n’a aucune obligation de travail (je ne dis pas de réussite, c’est autre chose…), aucune obligation de rendre par sa motivation l’argent qu’investit le pays sur sa formation. La seule chose qui peut faire retirer les subventions allouées à l’employeur c’est l’absentéisme lors des périodes de formation en CFA. Il ne s’agit pas de fliquer mais de demander un retour de la part de l’apprenti. Alors quand j’entends parler d’apprentissage à 14 ans… s’il s’agit de vider les collège de tous les abrutis perturbateurs et de détruire un moyen de formation efficace, d’accord ; pour le reste… En outre, lorsque l’on est atterré par le comportement de jeunes de 16 ans en entreprise et en CFA, qu’est-ce que cela va donner à 14 ans ? Et puis, l’âge minimum pour travailler est bien de 16 ans, non ?

[3] le pauvre homme nous a avoué avoir voulu “faire du social” mais que cela avait échoué

[4] après avoir affirmé sans aucune gêne que “s’il continuait la formation c’était pour le salaire”.

Chapitre 4 – Etude de cas : Le couple du rez-de-chaussée.

décembre 8, 2005 Commentaires désactivés

En 1998, Madame Bulle et moi même nous installâmes dans un petit appartement sous les toits dans un gros bourg du Hainaut Cambrésis réputé pour son vivier de cette catégorie socio-désastreuse si bigarrée : les Groseilles.

Paradoxalement, mes premières réflexions empiriques sur la question furent causées par des Groseilles d’importation venant d’une ville proche dont les services sociaux organisaient une délocalisation de la débine. Nous vécûmes douillettement durant presque une année, ne vivant que d’amour et de chocolat, quand notre propriétaire attiré par l’appât de l’APL accueillit un jeune couple dans l’appartement du rez-de-chaussée.

Le premier contact fût révélateur : alors que je m’apprêtais à pénétrer dans la petite arrière-cour commune aux trois appartements composant l’ensemble immobilier susnommé, je me fis la remarque que : « Putain ! Y a un enculé dans le voisinage qui brûle quelque chose ! ». Je suis souvent vulgaire, ça m’excite…

Et une fois la porte poussée, je vis un couple me souriant (le sourire du mâle me faisant penser à l’état du clavier du piano d’Elton John, si Dieu, dans un moment de bonté qu’il ne réserve malheureusement qu’aux sbires des dictateurs, me laissait seul avec ledit casse-couilles à paillettes) blottis l’un près de l’autre devant le feu de joie composé de leurs cartons du déménagement. Je leur dis : « Bonjour » car ma maman m’a élevé dans le respect des bonnes manières et la crainte du slip douteux « si jamais tu as un accident et que tu vas à l’hôpital ».

Je regardais, assez étonné, le spectacle des flammes noircissant le mur de brique rouge si typique de ma belle région. Ils me demandèrent alors si cela ne me gênait pas ; je répondis que : « Moi, non. Mais le propriétaire, je ne sais pas ». Ce type de Groseille ne pend pas la crémaillère lors d’une petite sauterie ; non, il brûle ses cartons dans la cour où on fait sécher le linge.

Rapidement les problèmes commencèrent : à toute heure du jour et jusque tard dans la nuit la chaîne hi-fi vomissait les mélodies ineptes des « 10 commandements ». Nous habitions au deuxième et nous avions l’impression de vivre avec un baladeur sur les oreilles. Le Groseille est parfois mélomane, souvent de mauvais goût mais toujours avide de vous faire découvrir ses artistes favoris. Le volume sonore était plus qu’étonnant car nous savions que le foyer groseillique abritait (peut-on réellement utiliser ce mot ?) un nouveau-né. J’élaborais assez vite l’hypothèse d’une méthode pragmatique d’adaptation au volume sonore des engueulades maternelles. Les Bonnie and Clyde du rez-de-chaussée devinrent très vite la bête noire du voisinage et particulièrement, d’un voisin, brave père de famille travaillant en poste, dont les vomissures sonores du couple maudit réduisait le maigre temps de sommeil. Il devint leur ennemi (ceci à son importance pour la suite).

Le propriétaire interpellé sur les agissements des Thénardier avait bien essayé une médiation où il était ressorti que la jeune femme ne voulait plus vivre avec monsieur mais que tous les abonnements EDF/GDF, France telecom, etc. étaient à son nom et qu’elle était tricarde dans l’estime des gestionnaires de ces services publics. Cette union n’était donc pas uniquement bâtie sur l’amour, le sexe et le 12,5° ?

Sans emploi, Monsieur, tel un grand fauve arpentant la savane pour trouver un gnou à ramener à la tanière, faisait tous les cafés où il intégra l’aristocratie locale du comptoir et du coup de boule. Le couple devint très vite une étape indispensable sur la ronde de la maréchaussée où j’appris, un jour de déposition, que la dame avait deux autres enfants plus âgés et placés en familles d’accueil. L’utérus groseilléen est aussi fertile qu’un champ de glaise sous perfusion phytosanitaire.

Et puis un jour, presque une année après leur arrivée, un samedi en fin d’après-midi, ma compagne et moi nous rentrions du shopping hebdomadaire quand nous vîmes au coin de la rue, l’ambulance des pompiers joliment ornée de la camionnette bleue de la gendarmerie. Le grand fauve alcoolique de la jungle des comptoirs venait de se faire capturer (et accessoirement de chuter lourdement la tête la première sur l’asphalte, défi à la gravitation peut-être provoqué par la maréchaussée exaspérée par la bêtise profonde et chronique du connard susnommé) : dans la même journée, il avait tenté de faire un feu de joie nocturne sous la voiture du voisin et mis quelques coups de couteau à l’un de ses compagnons de mauvais vin au cours d’une dispute dont, au vu des capacités cognitives du bestiau, le sujet ne devait pas être le poids de la prose célinienne dans l’approche existentialiste de l’onanisme vomitif sartrien.

Quand, je vous dis qu’observer les Groseilles n’est pas sans danger.

Chapitre 3 : Bob l’éponge et la friterie

août 27, 2005 Commentaires désactivés

La friterie est un des lieux symboliques du Nord (avec le service d’aide aux alcooliques que se doit de posséder tout bon établissement hospitalier de notre houblonneuse région) : chez nous, les baraques à frites vivent en liberté, on en trouve partout, la moindre caravane défraîchie peut devenir un relais gastronomique itinérant, le plus petit village possède sa friterie « en dur » ou sur roulettes. Ne dit-on pas heureux comme un Nordiste quand il sait qu’il aura de la bière [2].

Etant fier de ma région, je respecte ses particularismes (pour les allocs, je n’ai qu’un enfant…mais j’y [re]travaille…pour la mobylette bleue, j’ai malheureusement eu la malchance de réussir le permis de conduire…) et fréquente les friteries et autres baraques à frites. Après une journée longue en visite familiale, nous rentrâmes tard ; voyant mon épouse fatiguée, je pris pitié (ce qui est assez rare face à une de ces sorcières possédant le secret de l’orgasme multiple) et lui dis :

- In n’iro pas quer eine tiote frite, Man’ ?

- Si fait, Biloute…J’n'in peux plus…Mes guimpes, on diro d’l'pierre. Y a longtin qu’in n’en a pas mingées, j’n'ai quier… [4] et j’avise tranquillement de la carte cholestérolique affichée au plafond au dessus des friteuses…Alors que j’hésite entre un « pain pizza » au maroilles et un « américain fricandelle », je remarque devant moi, un spécimen de groseille courant dans nos contrées ravagées par le chômage, la déscolarisation et le mauvais goût vestimentaire : un beau mal, dans la quarantaine, vaguement moustachu, la couperose au joue, habillé comme un étal de friperie, l’hygiène douteuse et la voix forte. Mon regard se porte de nouveau sur la carte, mon estomac hurlant son amour acide pour le « pain pizza » maroilles, où je remarque un petit écriteau « Nouveau : bière pression ». Je me dis : « tiens…Je ne l’est pas vue…Où est-elle ? ».

Et là, sous l’escalier menant à l’étage où l’on peut déguster ses achats (je vous l’ai dit cette friterie c’est la « Tour d’argent » du graillon), je vois mon groseille en train de s’enfiler un demi, aussi rapidement que l’éponge douteuse du bistrotier efface les traces humides de l’ennui éthylique de sa clientèle, avant de revenir prendre sa place dans la file afin d’acheter ses deux frites à 1.80€.

Le coquin… Il avait du sacrifier la saucisse, complément fondamental, pour ingérer les protéines indispensables au mauvais fonctionnement de son appareil digestif sous une forme plus ludique.

Une question me tarabustait alors que j’attendais ma commande : comment allait-il le dire à sa compagne ? Comment justifier sa filouterie ? Une rafale de coup de pied dans le ventre suffira-t-elle à la calmer ?

Le groseille est taquin…


[1] Chimay, Orval, Choulette, Westmal, Vieille Bonsecours et autres breuvages divins et parfumés…

[2] et les allocs diront certains enculés bouffis de préjugés petits-bourgeois

[3] « N’irions nous pas chercher quelques pommes de terre frites, chérie ? Tu as raison, mon doux, je suis fatiguée…Mes jambes sont lourdes comme la pierre… Il y a longtemps que l’on en a mangées, je m’en délecte. » C’est moins gai en « bon » français…

[4] Non, ce n’est pas une friterie avec back room…même si le recyclage écologique et érotique de la graisse de friture est une solution que je souhaite proposer à Nicolas Hulot (jumeau capillaire de Bernard Thibault).

Chapitre 2 : La Groseille.

juin 14, 2005 Commentaires désactivés

Il y a quelques temps, j’avais produit une petite étude ethnopsychologique sur le « Groseille-à-mobylette-bleue » du Cambrésis. Je m’étais, il est vrai concentré sur le spécimen mâle et son inévitable parasite : « min bôfrère ». Mais quid de la dame ? Imitant mon cousin, je prends mon courage à deux mains et je me lance dans l’exercice difficile de la description naturaliste. Que dire ? Par où commencer ? La jeunesse, peut-être ? La jeune fille groseille facilement reconnaissable dès le plus jeune âge par sa tenue vestimentaire du type « Lolita » faisant de n’importe qu’elle gamine pré-pubert une bombe sexuelle (ou apparentée) en puissance : la génitrice ne voit pas en quoi sexuer une gamine est lamentable…Remarquez, la petite est parfois habillée comme maman…Et puis, son oncle aime beaucoup sa tenue…Ceci expliquera sans doute la présence dudit oncle, quelques mois plus tard, dans le box des accusés au sein de la Cour d’Assises la plus proche de son domicile…Mais arrêtons-là, tout cela n’est que médisance et racisme social de la part de mon ego surdimensionné et vindicatif. Arrivé au collège, les choses sérieuses commencent : les hormones sont en excès, l’adolescence fait encore chuter le niveau intellectuel…Ca va chier ! La groseille ne voit souvent dans la scolarité qu’un mal nécessaire permettant la rencontre de petits groseillons mâles qu’elle pense dresser par quelques œillades expertes ( et un balancement du fessier dès plus remarquable). Apprendre, enrichir ses connaissances, comprendre le monde…cela n’a aucune espèce d’importance pour elle face au bonheur immense de côtoyer le mignon Kevin ou le puissant Dylan. ; qui finiront dans un laps de temps plus où moins court par la pilonner, lui faire découvrir l’amour physique sur le parking du « Macumba night » dans la 205 tuning ou derrière l’établissement entre deux poubelles dont les exhalaisons couvrent efficacement l’haleine, mélange de whisky-coca et de vomi, du couillu. Au vu de la concentration dont elle a fait preuve durant les cours de biologie humaine sur la reproduction, elle multiplie les chances de fécondation involontaire. Ce qui nous donne de jeunes mères de 19-20 ans dont les Steevie, Jordan (ou Djordan …je l’ai vu… pour les plus analphabètes n’ayant pas bien assimilés la prononciation anglo-saxone) et autres Dylan innondent les cours de récré. Attention, je ne dis pas que tout ces enfants sont non désirés, bien au contraire, il y a énormément d’amour … Ce qui n’empêchera pas le môme de se faire traiter d’emmerdeur, de con et d’apprendre, dès son plus jeune âge, les rudiments de la grossièreté élémentaires : insultes et gestes obscènes (j’ai personnellement vu un petit garçon de 2 ans maîtriser, comme un vrai routier, le bras d’honneur devant les regards émus et fiers de ses grands parents). La groseille va donc élever ses enfants selon le principe de la baffe préventive : tu tartines et, après, tu discutes.

Avec son compagnon, les relations sont pleines de passion et de bière. Les tempêtes surgissent aussi subitement qu’une blennorragie, vous pouvez voir la groseille danser un slow langoureux avec son partenaire (qui tel les grands mâles de la savane marque son territoire en posant, avec fermeté et élégance, ses mains sur les fesses de sa partenaire, lui entrouvrant ainsi les lèvres et la mettant dans une transe sexuelle dévastatrice…Bizarre…Ca m’excite…) et, quelques minutes plus tard, vous l’entendrez agonire l’amant sous les insultes les plus viles car « Eu s’bâtard, y raviss’le cul de l’aute pute ! ! ! P’tain ti, t’es vraiment un connard ! ! ! ».

La groseille, lorsqu’elle est plus mûre (mûre pas blette), a parfois tendance à essayer de cacher son âge derrière la vulgarité de vêtement pour adolescente parce que « je ne suis pas si vieille que ça », « je suis encore jeune ». Et voilà notre héroïne déguisée en Lorie roumaine avec le string apparent au dessus des bourlets, écoutant la même musique que ses enfants, allant en boîte avec eux et, en cas de célibat, se tapant parfois un p’tit jeune qui découvrira le sexe dans des conditions faisant passer un bordel de campagne pour un salon de thé.

Voilà, je pense en avoir fait le tour. Néanmoins le sujet est vaste comme un fessier quarantenaire dans un jean moulant, si vous avez des contributions à me proposer pour mon grand œuvre : “Les Groseilles : nouveau stade de l’évolution ?”, écrivez-moi. D’avance merci.

Chapitre 1 : PISSBRAÜ, la bière des zéros ou les Groseilles, un concept à 12°.

novembre 9, 2003 Commentaires désactivés

Au fil des ans, j’ai acquis une certaine expérience dans l’étude des GROSEILLES : cette pittoresque frange de la population dont le teint couperosé et la vulgarité n’a d’égal que la capacité de nuisance. Je tiens à ajouter que mon niveau de compétence en GROSEILLOLOGIE est surtout centré sur les Groseilles du Nord, aussi appelés « famille titagueule »(1).

Le groseille a ceci de particulier qu’il réduit des milliers d’années d’évolution de l’être humain à une chiure de mouche au transit intestinal difficile. La richesse n’est en aucun cas un facteur déterminant, ne soyons pas élitistes… même si le groseille boit plus facilement de la PISSBRAÜ que du Château Neuf du pape …

Ce qui caractérise le mieux ce spécimen, c’est cette bêtise crasse, cette connerie insondable et nocive, cette propension naturelle à la vulgarité qui lui donne ce lustre, cette carapace lui permettant de résister aux assauts des plus téméraires tentatives d’ouverture d’esprit et d’enrichissement culturel (si en sus, votre groseille vote FN et regarde assidûment TF1, ce n’est plus une carapace dont il dispose mais un blindage).

Le groseille possède une conformation cérébrale originale (pour avoir eu la chance de m’esbaudir devant le cortex tartiné sur l’asphalte de quelques groseilles victimes de dramatiques accidents de mobylette, j’en sais quelque chose). Cette dernière le rend parfaitement ignorant de sa propre image. Cet état de fait lui permet d’exhiber ses idées les plus bovines sans ressentir le dard de la honte le tarauder : la peine de mort, les immigrés, le chômage, les impôts … tout est moyen d’exprimer ces pets neuronaux qu’il appelle « opinion » (le tout accompagné d’un définitif : « moi, c’est ce que je dis ! »). Avec le groseille, c’est la telé-réalité en direct tous les jours et à toutes heures : faire partager sa vie, ses problèmes conjugaux, ses principes d’éducation, ses divergences d’opinion au sein du groupe familial c’est son credo. Le groseille n’ a peur de rien : dire à son beau-frère, après une journée commune de travail sur la 205, qu’il est « cocu et con comme une bite », tout en lui lançant dans les mandibules, la clé de 12 dont ils se servaient pour décapsuler les canettes de PISSBRAU, la bière des zéros.

De même, si son épouse et lui connaissent quelques différences de vues (la PISSBRAU peut être aussi un puissant révélateur de ces petites choses qui mettent du piment dans la vie de couple), vous comprendrez très vite que ces : « Tu vas fermer ta gueule ! Connasse ! » ne sont que de simples recommandations polies avant la clôture de la discussion symbolisée par un viril : « Sale pute ! j’vais t’éclater la gueule !! ».

Bien souvent, dans un souci d’apaisement et de cohésion familiale, la mère (ou apparentée) appelle ses chers petits (Dylan, Cindy, Kevin …) pour qu’ils participent à la discussion et que rien ne soit laissé dans le non-dit : « Les ‘tiots ! Votre père est un salaud ! Espèce de bâtard ! Tu vas oser me taper devant tes enfants ! J’vais l’dire aux enfants qu’tu couches avec une pute ! Votre père est un salaud ! »… Une thérapie familiale en quelque sorte. Concernant l’éducation des enfants, nos amis les Groseilles, ont des principes bien établis : entre le ceinturon et la discussion, je choisis les gnons. Le groseillon (2) comprend très vite que si ses parents lui savatent la gueule en l’appelant « connard » ou « saloperie », c’est pour son bien : ils lui inculquent des valeurs, que lui même pourra transmettre à ses enfants et ainsi de suite jusqu’à la dégénérence chromosomique totale de la dite famille. Pour les filles, la pipe à 13 ans n’est pas taboue, même avec papa ; certains, plus prudes, préféreront regarder avec leur progéniture un bon porno en pleine après-midi (« C’est pas plus con que des mickeys ! Et, en plus, ils sauront comment ça marche… ») : le groseille est pédagogue.

Particularité du Nord (mis à part que le groseille est, le plus souvent, farci au jus de houblon et, de ce fait, pisse partout) : le moyen de transport. La mobylette est LE véhicule du groseille : antique mobylette bleue pour les puristes, contemporaine 103 SP (avec pot Ninja, pour les adeptes du tuning) et scooter pour les avant-gardistes (pratique pour transporter les packs de Pissbraü du hard-discounter le plus proche vers son doux foyer).

J’ai aussi pu constater la présence de certaines version “BREAK” : les plus ingénieux (ceux dont la Pissbraü n’a pas encore rongé toutes les connexions neuronales…ce n’est qu’une histoire de temps) ont su associer à leur 49.9 une petite charrette (appelée “carette à moules” en ch’ti) dont l’aspect pratique est plus que certain quand on organise une petite fête familiale (la Pissbaü ce n’est peut être pas cher mais c’est un peu encombrant). Après le Maroilles, le groseille est une des grandes spécialités du Nord, n’hésitez pas à la découvrir…si vous pouviez nous en prendre un peu, ce serait formidable…si, si…vraiment…

(1)Merci à Christine (2) Merci Christelle.

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